Le Loup-Garou se transforme en hybride RMC pour 2028
C’est l’annonce phare du Pass Event de Walibi Belgium : le Loup-Garou, la mythique montagne russe en bois du parc, va connaître une seconde vie. À partir de 2028, il deviendra une montagne russe hybride signée Rocky Mountain Construction (RMC), le spécialiste américain qui a déjà métamorphosé plusieurs coasters en bois à travers le monde. Pour un parc qui se rêve référence européenne, c’est sans doute le projet le plus ambitieux jamais lancé sur une attraction existante.
Un hybride RMC, c’est quoi exactement ?
Le principe d’un hybride RMC est simple à comprendre, spectaculaire dans le résultat : on conserve une partie de la structure en bois existante et on y pose un rail en acier de précision. On garde donc l’âme et l’emprise au sol de l’attraction d’origine, mais on gagne la fluidité, la fiabilité et surtout la liberté de tracé que seul l’acier autorise. Là où un coaster en bois pur impose ses limites — descentes bridées, inversions quasi impossibles, secousses qui s’aggravent avec l’âge — l’hybride ouvre un tout autre champ de sensations.
Walibi connaît déjà la recette de près. Son parc frère, Walibi Holland, avait procédé exactement de la même manière en 2019 avec Untamed, né de la conversion d’un ancien coaster en bois. Le résultat avait fait grand bruit dans le milieu et prouvé qu’un RMC pouvait propulser un parc dans une autre catégorie. C’est ce précédent rassurant qui a pesé dans la décision belge.
Pourquoi RMC plutôt que GCI ?
La question a été posée pendant le Pass Event. Great Coasters International (GCI), spécialiste du bois, aurait fait un retracking : remplacer le rail usé pour retrouver le parcours d’origine, sans le dénaturer. RMC, lui, permet d’ajouter de nouvelles figures, des descentes bien plus raides et des inversions impossibles en bois pur. Viser une descente quasi verticale et le record de longueur du Benelux était incompatible avec une rénovation à l’identique.
- Hauteur : 30 m aujourd’hui, 49 m en 2028.
- Type : coaster en bois ouvert en 2001, hybride bois et acier en 2028.
- Coût : l’investissement le plus élevé de l’histoire du parc, au-delà du précédent record de Kondaa (environ 14,5 millions d’euros).
Le nom définitif de la nouvelle attraction n’a pas été officialisé lors de l’annonce.
L’annonce officielle date du 1er juin 2026, avant d’être détaillée aux détenteurs de pass lors du Pass Event du 6 juin. Le projet n’a rien d’improvisé : il se discute depuis 2023 et le contrat a été signé le 20 novembre 2023.
- Fin 2026 : derniers tours du Loup-Garou en bois, Walibi Winter inclus.
- Janvier 2027 : début du chantier, avec la démolition du Cinéma 4D, dont l’espace accueillera la nouvelle gare. Un garage de maintenance et un bloc sanitaire sont aussi prévus.
- Octobre 2027 : retrait du Vampire, pour libérer du foncier pour la suite.
- 2028 : ouverture du nouveau coaster et de la phase 1 de Festival World.
- 2030 : phase 2 de Festival World.
Dire au revoir au Loup-Garou en bois
Ouvert le 28 avril 2001 et construit par Vekoma, le Loup-Garou a été pendant quatorze ans le seul coaster en bois de Belgique, jusqu’à l’arrivée de Heidi the Ride à Plopsaland en 2015. Un merchandising d’adieu est déjà en vente à la boutique de la Wab et dans une boutique éphémère, et le parc évoque un hommage à la manière d’Alton Towers, peut-être sous forme de grande brocante. Pour un dernier tour réussi : visez l’ouverture ou la fin de journée, et installez-vous à l’arrière du train, où les secousses et les airtimes du bois sont les plus marqués.
Festival World, la zone du nouveau Loup-Garou
Le coaster sera le cœur de Festival World, une zone inspirée de l’ambiance festive et carnavalesque de la Nouvelle-Orléans.
- Phase 1 (2028) : le coaster hybride, et une entrée de zone par une gare imaginée comme un char de carnaval, avec photo aux côtés du clown.
- Phase 2 (2030) : désenclaver la zone pour ne plus devoir faire le tour du lac, avec deux tours de chute, un restaurant, une halle d’animation plus fermée et la rethématisation de certaines attractions familiales existantes, comme les chaises volantes. Des zones techniques aujourd’hui trop visibles seront masquées.
Un ancien projet, qui prévoyait de tout raser pour une place sur le thème du carnaval avec quatre restaurants, a été abandonné au profit de la conversion RMC.
Le nouveau Loup-Garou s’inscrit dans un plan d’environ 180 millions d’euros entre 2016 et 2030. Depuis 2016, plus de 75 % du parc a été transformé, avec quatre mondes immersifs (Exotic World, Karma World, Fun World, Dock World) et huit nouvelles attractions. L’enveloppe de Festival World dépassera celle de Dock World (35 millions d’euros, ouvert en 2025). Objectif affiché : 1,4 à 1,5 million de visiteurs par an à l’horizon 2029-2030. Walibi Belgium appartient à la Compagnie des Alpes, qui exploite aussi Bellewaerde, le Parc Astérix et le Futuroscope.
Les puristes regretteront les craquements et l’imprévisibilité du bois, que le rail acier gomme. Mais un simple retracking n’aurait pas répondu à l’objectif du parc : séduire les ados et les jeunes adultes en quête de grosses sensations.
Les chiffres confirmés : un nouveau record au Benelux
Les données dévoilées lors du Pass Event donnent le ton. Le futur Loup-Garou affichera une première descente près de deux fois plus haute que l’actuelle (environ 47 mètres), inclinée à 89°, soit la quasi-verticale. La structure culminera à 49 mètres de hauteur, pour une vitesse de pointe de 106 km/h. Surtout, le parcours s’étirera sur 1 231 mètres, ce qui en fera un nouveau record de longueur au Benelux. À cela s’ajoutent trois basculements dans une inversion entièrement retravaillée.
Pour situer ces chiffres, il suffit de les comparer à Kondaa, le mega coaster arrivé en 2021 qui avait déjà fait entrer Walibi dans la cour des grands. Le futur Loup-Garou proposera un parcours légèrement plus long, signe que le parc ne cherche pas à doubler Kondaa mais à lui offrir un compagnon au registre très différent : plus nerveux, plus imprévisible, plus « agressif ».
Un tracé repensé, pas un simple lifting
Habituellement, un hybride RMC suit grosso modo les courbes du tracé d’origine. Ici, ce n’est pas le cas : le profil a été repensé pour réellement se démarquer, et c’était un critère assumé dès le départ. Le parcours promet des figures présentées comme de potentielles premières mondiales, sur une machine où il faudra clairement s’accrocher. C’est Julien Simon qui en signe le design, gage d’un travail sur-mesure et non d’un copier-coller.
Cette volonté de singularité s’inscrit dans une logique plus large : le parc ne veut pas seulement un gros coaster de plus, il veut une attraction identifiable, qui devienne un argument de visite à elle seule et alimente le bouche-à-oreille. C’est tout l’enjeu de la stratégie maison, déjà éprouvée avec la méthode des Worlds of Walibi.
Côté exploitation : capacité et confort revus
L’attraction visera une grosse capacité avec trois trains en circulation simultanée, et une gare séparée pour l’embarquement et le débarquement, afin de fluidifier les cycles. Les nouveaux trains adopteront une assise revue pour le confort. Détail qui parlera aux habitués : les casiers, volontairement absents de la gare de Mecalodon parce qu’ils y auraient fait perdre de la capacité, seront cette fois les bienvenus.
Un point a en revanche été posé sans ambiguïté : les harnais ne seront pas élargis pour les personnes corpulentes. Une précision technique qui a son importance pour qui veut anticiper sa visite.
Le calendrier est déjà calé
Le compte à rebours est lancé. Le Loup-Garou fera ses derniers tours sous sa forme en bois à la fin de la saison 2026, avant que sa transformation ne débute en janvier 2027. RMC a déjà entamé le travail. L’ouverture du nouveau coaster est attendue pour 2028, en même temps que la nouvelle zone Festival World dont il sera le cœur battant.
Avant de tourner la page, beaucoup de fans voudront profiter une dernière fois de la version historique : on lui consacre un véritable adieu. Et pour comprendre pourquoi le parc a tranché en faveur de RMC plutôt que d’un retracking en bois classique, on a détaillé le match RMC contre GCI.
Ce que ça change pour Walibi
L’ambition affichée est limpide : faire entrer Walibi dans la cour des grands, à l’échelle européenne voire mondiale. Après une décennie très orientée famille, le parc vise désormais aussi les ados et les jeunes adultes, et le futur Loup-Garou en sera le porte-étendard. C’est l’aboutissement logique d’une transformation engagée depuis dix ans, qui a vu le parc passer du statut de cible des moqueries à celui de candidat sérieux au titre de référence du continent.
Un projet scruté bien au-delà des frontières
L’annonce dépasse le cercle des habitués belges. Dans la communauté internationale des passionnés de coasters, chaque nouveau projet RMC est suivi de près, tant le constructeur s’est forgé une réputation de faiseur de records et de sensations hors normes. En annonçant des figures présentées comme de potentielles premières mondiales, Walibi se place volontairement sous le feu des projecteurs européens, voire mondiaux. C’est un pari calculé : un coaster qui fait parler de lui sur les forums et les réseaux spécialisés attire ensuite un tourisme de niche, prêt à traverser les frontières pour le découvrir. Pour un parc qui a longtemps souffert d’une image dévalorisée, transformer le Loup-Garou en événement international, c’est aussi une revanche symbolique — et un excellent calcul marketing.
FAQ
Quand le Loup-Garou actuel ferme-t-il ? À la fin de la saison 2026. Les travaux de conversion commenceront en janvier 2027.
Quand ouvre le nouveau Loup-Garou hybride RMC ? En 2028, en même temps que la zone Festival World.
Quelles seront ses caractéristiques ? 49 mètres de haut, une première descente à 89° d’environ 47 mètres, 106 km/h en pointe et 1 231 mètres de parcours, un record de longueur au Benelux.
Pourquoi un hybride et pas un coaster en bois neuf ? Parce que la conversion RMC conserve une partie de la structure existante tout en autorisant des figures impossibles en bois pur. Le précédent Untamed, à Walibi Holland, avait validé l’approche.
Qu’est-ce que Festival World ?
La future zone de Walibi Belgium inspirée de l’ambiance festive de la Nouvelle-Orléans. Le Loup-Garou hybride RMC en sera l’attraction phare, avec une phase 1 en 2028 et une phase 2 en 2030.
Le Loup-Garou va-t-il être complètement détruit ?
Non. Une partie de sa structure en bois sera conservée et complétée par un rail en acier, selon le principe du coaster hybride.
Quelle est la différence entre RMC et GCI ?
GCI fait du retracking : il remplace le rail en bois pour restaurer le parcours d’origine. RMC fait de la conversion hybride : il garde une partie de la structure en bois et pose un rail en acier, ce qui autorise un nouveau tracé.
Le Vampire va-t-il aussi disparaître ?
Oui. Selon le calendrier présenté au Pass Event, le Vampire sera retiré en octobre 2027 pour libérer de l’espace pour la suite du projet.
