Pass Event Walibi Belgium : Festival World, le Loup-Garou en RMC et toute la stratégie du parc
Compte-rendu du Pass Event du samedi 6 juin 2026, sensationsfortes.be
Ce samedi 6 juin, Walibi Belgium a invité ses Pass holders dans les coulisses pour raconter, étape par étape, la stratégie qui transforme le parc depuis 2016 et donner un aperçu de ce qui l’attend jusqu’en 2030. Au programme : beaucoup d’anecdotes, une séance de questions, et surtout l’annonce que les fans attendaient depuis des mois. Le Loup-Garou va devenir une montagne russe hybride RMC, au cœur d’une nouvelle zone, Festival World.
La vision : on ne pose pas une attraction, on raconte une histoire
Avant de parler attractions, le parc a tenu à expliquer sa façon de penser. Le principe est simple : on ne peut pas se contenter d’installer un manège. Il faut une expérience, une ambiance, des décors dans lesquels le visiteur se sent assez bien pour avoir envie de rester. C’est de là que sont nés les Worlds of Walibi, ces univers thématisés qui structurent aujourd’hui le parc. Au départ, le constat était même un peu dur : faute d’avoir quelque chose d’exceptionnel à proposer, il fallait construire une histoire cohérente autour de Walibi.
Cette vision repose sur un master plan, mais la direction le dit clairement : un master plan, c’est une intention, jamais une certitude. Les zones ont changé, des projets ont été décalés, d’autres carrément remplacés. Une stratégie n’est donc pas figée. On peut s’autoriser à dévier, du moment qu’on garde le cap et la cohérence de l’ensemble. Une anecdote résume bien cet état d’esprit : à une époque où les investissements étaient difficiles à débloquer, c’est en présentant ce master plan en quinze minutes que la direction a réussi à décrocher un financement. Une vision claire, ça se vend.
Avec le temps, une recette de zone réussie s’est imposée. Il faut une attraction à sensations et une attraction familiale, un duo qui fonctionne très bien ensemble, plus un restaurant, des sanitaires, une déco soignée et une histoire qui tient debout. C’est ce qui rend chaque monde tout de suite reconnaissable. Et si la famille a longtemps été la cible prioritaire, c’est parce que c’est elle qui pousse les gens à recommander le parc. Le résultat se voit dans les chiffres de satisfaction, en hausse constante depuis le début de cette transformation. L’objectif, lui, est clair : devenir une référence en Europe.
Dix ans de métamorphose, monde par monde
Le partenariat avec Mack Rides pour Pulsar, le PowerSplash de 2016, marque le coup d’envoi de cette nouvelle ère. À partir de là, le parc avance zone après zone.
En 2018, la thématisation gagne Aqualibi. Longtemps considéré comme le parent pauvre du complexe, l’espace aquatique devient un vrai axe de développement, pensé pour accueillir les familles et les plus jeunes, qui manquaient alors d’attractions adaptées. La même année, le parc s’attaque au fond du site, qui était dégradé, avec Exotic World. L’idée est d’y remettre une attraction familiale au goût du jour : ce sera Tiki-Waka, un bobsled coaster Gerstlauer.
2019 voit naître deux mondes coup sur coup. D’abord Karma World, pensé pour les familles et les ados, deux cibles clés. C’est l’arrivée du dark ride interactif Popcorn Revenge, qui mise sur le digital là où le Défi de Toutankhamon joue plutôt la carte des décors réalistes. Avoir des attractions couvertes a aussi du sens sous le climat belge, et ça participe d’un portefeuille volontairement varié. Fun World complète l’année et illustre parfaitement la recette d’un monde réussi, avec son duo sensation et famille, son restaurant et son décor cohérent.
Puis arrive 2020 et le COVID. Tout le plan se retrouve décalé. Sans visibilité sur la sortie de crise, la prudence s’impose sur la suite des investissements.
2021 est une année charnière. Le parc commence par refondre ses mascottes. Les Wab et Skunx avaient eu leur raison d’être, mais leur image s’était abîmée au point que les enfants ne voulaient plus de câlins. Le public était plus attaché à des personnages ronds et rassurants, alors les mascottes ont été redessinées pour coller à cette attente. Côté attractions, c’est l’année de Kondaa, le mega coaster Intamin et deuxième chapitre d’Exotic World. Un projet à temps long, fragilisé par le COVID, qui a obligé la direction à se montrer convaincante et à décaler certaines échéances sans jamais lâcher le cap. Faute de promo et d’inauguration, Kondaa est presque passé inaperçu à son ouverture, mais l’impact a quand même été réel : les visiteurs ont compris qu’un nouveau cap était franchi. La crise a aussi servi à revoir le plan de départ. Le restaurant N’Soso, par exemple, devait d’abord se trouver face à Tiki-Waka. Il a finalement été placé face à Kondaa, ce qui s’est révélé bien plus naturel.
La même année, le parc a connu les inondations. Le 14 juillet, il se retrouve sous l’eau, dans une situation critique. C’est là que la Compagnie des Alpes, le groupe propriétaire, apporte un soutien énorme. Inondé le 14 juillet, le parc rouvrait dès le 2 octobre pour Halloween, un exploit attribué sans hésiter aux équipes. La leçon est retenue sans détour : ces inondations reviendront, il faut apprendre à vivre avec.
En 2023, le parc continue son effort familial avec Silvertone, une attraction pour enfants qui n’était pas prévue au départ, ajoutée pour renforcer la cohérence d’Adventure World. C’est aussi l’année du lancement de Walibi Winter. L’hiver ne ressemblait pas, au départ, à une bonne fenêtre, mais à force d’allonger les saisons, le parc a vu qu’il y avait un coup à jouer, en s’inspirant d’autres parcs déjà rodés aux événements de Noël. Le vrai défi, c’était l’infrastructure : il fallait de l’eau partout pour les restaurants, et le réseau n’était pas prêt avant 2023. C’est justement en construisant les mondes que cette infrastructure s’est mise en place, ce qui a rendu l’événement possible. Avec trois éditions au compteur, Winter va continuer d’être promu et de se réinventer au fil des saisons. Toujours en 2023, Surf Bay complète Aqualibi en apportant la tour à sensations qui lui manquait, tout en restant dans un esprit familial. Signé Proslide, le projet final n’a plus grand-chose à voir avec l’idée de départ, encore une preuve de cette souplesse assumée.
L’étape 2025, c’est Dock World et son ambiance portuaire, présentée comme une vraie fierté. La zone ne figurait pas au plan d’origine : c’est le comité qui a proposé d’y ajouter un launch coaster familial offrant des sensations pour tous. C’est comme ça qu’est né Mecalodon, un lanceur Gerstlauer aux trains en forme de requins mécaniques. Le storytelling y est plus poussé que jamais, entre un versant familial et une ambiance plus sombre autour de la Turbine et de son flashback, ce qui a permis au passage de redonner de l’intérêt à des attractions qui s’essoufflaient. Le pari est gagné : Mecalodon figure déjà dans le top 3 des attractions préférées des visiteurs. Surtout, le portefeuille est maintenant jugé assez varié. Après des années d’investissement massif sur la famille, le parc veut désormais faire plaisir aux autres publics, à commencer par les ados et les jeunes adultes.
Enfin, pour 2026, le projet phare se joue à Aqualibi avec la couverture de la vague. Aujourd’hui sous-exploitée, elle sera couverte pour faire des économies d’énergie. Le parc considérait le projet inachevé, et cette couverture vient le finaliser. Les premiers éléments, du sur-mesure Proslide, arriveront en août et septembre, pour des travaux en octobre, histoire que l’hiver se passe sans accroc.
Festival World, le grand virage sensations (2028-2030)
Après dix ans d’investissements très tournés vers la famille, le parc veut maintenant marquer des points auprès des ados et des jeunes adultes. C’est tout l’enjeu de la plus grosse annonce du jour. La zone du Loup-Garou va être entièrement transformée en Festival World, un univers immersif inspiré de l’ambiance festive et carnavalesque de la Nouvelle-Orléans. Et ce n’est pas une idée de dernière minute : le projet se discute depuis 2023, le contrat a été signé le 20 novembre 2023, pour un chantier prévu sur cinq ans.
Le Loup-Garou réinventé en hybride RMC
Le cœur du projet, c’est la conversion du Loup-Garou en montagne russe hybride signée Rocky Mountain Construction (RMC). Le principe : garder une partie de la structure en bois et y poser un rail en acier, exactement comme ça avait été fait pour Untamed à Walibi Holland. Le choix de RMC plutôt qu’un spécialiste du bois comme GCI a d’ailleurs été expliqué : là où GCI se contente de retracker l’existant, RMC permet d’ajouter de nouvelles figures. C’est Julien Simon qui signe le design de l’attraction.
Les chiffres confirmés sont impressionnants :
- une descente près de deux fois plus haute que la descente actuelle du Loup-Garou (environ 47 mètres), inclinée à 89°
- 49 mètres de hauteur
- 106 km/h en pointe
- 1 231 mètres de parcours, soit un nouveau record au Benelux
- trois basculements dans une inversion retravaillée
Normalement, un RMC suit les courbes du tracé existant. Ici, le profil a été repensé pour vraiment se démarquer, c’était un critère assumé. Le parcours, un peu plus long que celui de Kondaa, promet des figures présentées comme de potentielles premières mondiales, sur un coaster où il faudra s’accrocher. Côté exploitation, l’attraction vise une grosse capacité, avec trois trains en même temps, une gare séparée pour l’embarquement et le débarquement, et de nouveaux trains à l’assise revue pour le confort. Les casiers, absents à la gare de Mecalodon parce qu’ils auraient fait perdre de la capacité, seront cette fois les bienvenus sur le RMC. Un point a été posé clairement : les harnais ne seront pas élargis pour les personnes corpulentes. RMC a déjà commencé les travaux, et l’ambition affichée est de faire entrer le parc dans la cour des grands, à l’échelle européenne voire mondiale.
Le calendrier des démolitions
Pour faire de la place, plusieurs attractions vont disparaître, dans un ordre bien précis. Le Loup-Garou fera d’abord ses derniers tours à la fin de la saison 2026, après une ultime apparition pendant Walibi Winter. Sa destruction commencera en janvier 2027, en même temps que celle du Cinéma 4D, qui a perdu de son allure et dont l’espace servira à accueillir une nouvelle gare. Les équipes RMC pourront alors retirer une partie du rail existant pour en poser un neuf. Le Vampire, lui, disparaîtra en octobre 2027. Et ce timing n’est pas un hasard : hors saison Winter, l’attraction n’est de toute façon pas exploitable, et son retrait permet de récupérer du foncier pour la suite. La règle reste la même : on ne perd jamais un espace pour rien.
Festival World, phase 1 (2028)
La première phase est prévue pour 2028. L’entrée de la zone se fera par une gare imaginée comme un char de carnaval, avec photo aux côtés du clown. Les erreurs des projets précédents ont été analysées pour soigner ce nouveau chantier, dans l’esprit carnaval voulu pour la zone.
Festival World, phase 2 (2030)
La deuxième phase, attendue pour 2030, doit surtout désenclaver la zone, pour ne plus avoir à faire le tour du lac afin de passer d’un côté à l’autre du parc. Elle apportera deux tours de chute, un nouveau restaurant et une halle plus fermée dédiée à l’animation. Le parc en profitera pour cacher certaines zones techniques, aujourd’hui trop visibles.
Un vrai adieu au Loup-Garou
Le parc n’oublie pas l’attachement du public au Loup-Garou. Le merchandising d’adieu est déjà disponible, à la boutique de la Wab comme dans une boutique éphémère. Et comme l’avait fait Alton Towers, Walibi compte rendre hommage à l’attraction, peut-être avec une grande brocante.
La restauration, l’autre chantier en cours
En parallèle de ses attractions, Walibi a décidé de revoir entièrement son offre de restauration, dont il n’était pas satisfait, avec l’aide d’un chef doublement étoilé au guide Michelin. L’idée n’est pas de devenir un parc gastronomique, mais de passer du fast food au « fast good food » : du qualitatif, servi vite. La direction le sait, on vient d’abord pour les attractions, mais elle veut aussi qu’on reste pour le goût. Ce nouveau plan de restauration devrait se déployer sur un à trois ans.
Évoqué, mais pas encore confirmé
La direction a bien séparé les certitudes des simples pistes. Plusieurs sujets ont été abordés sans engagement.
La question d’une nouvelle entrée reste ouverte. Faut-il un parc plus beau ou une entrée plus belle ? Comme les investissements sont priorisés, mieux vaut parfois investir ailleurs d’abord. Le croquis présenté n’est donc plus à prendre au pied de la lettre, les entrées devront surtout assurer la transition vers les zones.
Du côté d’Adventure World, le projet « twists and splash » ne se fera pas, parce que Mecalodon passe désormais par-dessus. La zone devra être retravaillée un jour, c’est dans la stratégie, peut-être après Festival World, mais rien n’a été annoncé. À noter aussi que l’ancien projet imaginé pour la zone du Loup-Garou, qui prévoyait de tout raser pour une place sur le thème du carnaval avec quatre restaurants, a été abandonné au profit de la conversion RMC.
Les questions des fans
La séance de questions a apporté pas mal de précisions :
- Un pass photo ? Possible, mais sans certitude.
- La zone du cirque de l’événement Halloween va-t-elle changer avec Festival World ? Ce sera pris en compte.
- Pourquoi moins de jours d’ouverture pour Halloween ? Parce que l’événement n’est pas rentable en journée, seule la version nocturne l’est.
- Festival World sera-t-elle ouverte sur le lac ? Oui, le lac pourrait être exploité d’une manière ou d’une autre.
- Aqualibi va-t-il s’agrandir ? Techniquement très compliqué.
- Une Walibi Run en 2027 ? Sûrement, peut-être même deux.
- L’accès PMR sera-t-il amélioré ? La sécurité passe avant tout, donc c’est pris en compte.
- Un hôtel pour les visiteurs venus de loin ? La question est étudiée, sans garantie qu’elle aboutisse.
- Une parade dans le parc ? L’animation viendra forcément une fois les bases posées, parce que c’est une demande des visiteurs. Mais ce n’est pas ce qui fait venir les gens : tant que la fréquentation ne sera pas au rendez-vous, le parc n’y mettra pas les moyens. À Noël, le théâtre Tiki ouvre déjà pour le chauffage et l’animation.
- Les pédalos reviendront-ils ? Non, ils resteront une madeleine de Proust.
- Un accès aux coulisses ? Réservé aux professionnels du secteur, mais l’idée reste à creuser.
- Un tilt coaster Vekoma un jour ? Non, ce n’est pas jugé intéressant. Un inverted aurait un peu plus de chances.
- Le prix des pass ? Jugé trop bas par rapport aux investissements, d’où la possibilité de le payer en plusieurs fois.
- Karma World, un peu fatiguée ? Le parc en est conscient et compte rafraîchir la zone.
- Le merch de Kondaa ? La collection n’était pas conforme, le fournisseur n’aura pas de seconde chance.
En résumé
Ce Pass Event aura confirmé une ligne claire : Walibi Belgium ne se contente plus d’aligner des attractions, le parc construit des univers et raconte une histoire sur le long terme, quitte à faire évoluer son plan pour rester pertinent. Après une décennie très orientée famille, l’arrivée du RMC sur la structure du Loup-Garou et le lancement de Festival World marquent un vrai changement d’échelle, et un beau message envoyé aux amateurs de sensations fortes. Rendez-vous en 2028 pour la première phase. D’ici là, profitez d’une dernière saison avec le loup avant qu’il ne s’endorme pour de bon.
Et vous, qu’attendez-vous le plus de Festival World ? Dites-le-nous en commentaire.
